Prescrire exprime ses préférences parmi les vaccins contre la grippe A(H1N1)
PARIS, 2 novembre 2009 (APM) - La revue Prescrire exprime, dans son numéro de novembre, ses préférences en matière de vaccin contre la grippe A(H1N1) bien qu'à quelques exceptions près, pas plus les professionnels de santé qui vaccineront que les patients qui décideront de se faire immuniser ne pourront choisir leur produit.
Se basant sur les informations disponibles au 30 septembre, le mensuel estime que seul le vaccin produit par culture sur oeuf et sans adjuvant Panenza* (Sanofi Pasteur, groupe Sanofi-Aventis) "apporte quelque chose", alors même qu'il n'est pas encore homologué. En outre, il n'a été commandé qu'à quelques centaines de milliers d'exemplaires par la France.
Prescrire estime sa balance bénéfices/risques "favorable, en particulier chez les personnes à risque élevé de complication grave de la grippe, dont certains nourrissons (de plus de 6 mois) en raison de leurs antécédents et les femmes enceintes les plus à risque au cours du deuxième et du troisième trimestre de grossesse".
La revue estime que les vaccins produits par culture sur oeuf et adjuvantés Focetria* (Novartis) et Pandemrix* (GlaxoSmithKline), homologués fin septembre, sont "éventuellement utiles". Leur rapport bénéfices/risques est estimé "moins favorable" que celui de Panenza*, "du fait de leurs effets indésirables, en particulier chez les femmes enceintes et les nourrissons".
"Mais ils peuvent rendre service à certains patients en cas d'indisponibilité du vaccin à virus fragmenté sans adjuvant", ajoutent les auteurs.
La rédaction "ne peut se prononcer" sur le vaccin produit par culture cellulaire Celvapan* (Baxter), approuvé début octobre et dont la France a acquis 50.000 doses, en raison de l'absence de données à sa disposition. "Des données concernant des vaccins anciens de ce type incitent à la prudence", ajoute-t-elle seulement.
Pas un mot n'est dit sur le troisième vaccin produit sur oeuf et adjuvanté, Humenza* (Sanofi Pasteur), qui n'est pas encore homologué et dont la France a acquis 28 millions de doses.
Prescrire explique qu'"une présentation unidose en seringue préremplie prête à l'emploi est préférable pour mettre à l'abri d'une contamination microbienne et des risques liés à des conservateurs".
La grande majorité des doses livrées à la France le sont en flacons multidoses, rappelle-t-on.
Plus globalement, Prescrire estime que "chez les adultes et les nourrissons en bonne santé, la gravité somme toute sans particularité de la grippe H1N1v ne justifie pas une stratégie vaccinale différente de celle mise en oeuvre contre la grippe saisonnière".
"Chez eux, autant se passer de la vaccination, sauf contact fréquent et étroit avec des personnes à risque élevé de complication grave, par exemple les personnes partageant le même foyer, ou les soignants", poursuit le mensuel.
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